Au 9 juin 2025, plus d’un an et demi après le début de la guerre déclenchée en octobre 2023, le conflit entre Israël et les Palestiniens a atteint un niveau de violence inégalé depuis des décennies. Les hostilités en cours – notamment l’offensive israélienne sur Gaza après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 – ont fait plus de 62 000 morts côté palestinien et environ 1 100 côté israélien | source : aljazeera.com. La bande de Gaza, territoire densément peuplé d’environ 2,3 millions d’habitants, est dévastée par des mois de bombardements intensifs : la quasi-totalité des habitations y sont endommagées ou détruites, tout comme 80 % des commerces et 88 % des écoles, tandis que les infrastructures vitales (routes, hôpitaux, terres agricoles) sont lourdement touchées | source : aljazeera.com. Sur le terrain, la situation humanitaire est catastrophique, aggravée par un blocus de Gaza qui étrangle l’enclave palestinienne depuis 16 ans | source : aljazeera.com.
Ce conflit, aux racines historiques profondes, continue de remodeler le paysage politique du Moyen-Orient tout en mobilisant la communauté internationale. Comment en est-on arrivé là ? Quels sont les événements récents et les enjeux actuels ? Quelles positions affichent les dirigeants des différentes parties et les puissances étrangères ? Et surtout, quelles perspectives d’avenir se dessinent pour Israéliens et Palestiniens après tant d’années de violence ? Cet article propose un tour d’horizon complet – historique, factuel et analytique – du conflit israélo-palestinien, depuis ses origines à l’époque ottomane jusqu’à la situation au 9 juin 2025, en passant par les développements récents, les réactions internationales et les possibles conséquences à long terme.
Aux origines du conflit : de l’Empire ottoman à la partition de la Palestine
Pour comprendre le conflit actuel, il faut remonter à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et au début du XX<sup>e</sup> siècle, lorsque la Palestine (région alors majoritairement arabo-musulmane) fait partie de l’Empire ottoman. À cette époque naît le mouvement sioniste, qui prône l’établissement d’un foyer national juif en Palestine, terre considérée comme la patrie historique du peuple juif. Durant la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne promet son soutien à cette idée avec la Déclaration Balfour de 1917, s’engageant à créer « un foyer national pour le peuple juif en Palestine » sous son égide | source : aljazeera.com. Après la chute de l’Empire ottoman, la Société des Nations confie justement à la Grande-Bretagne un mandat sur la Palestine en 1922, officialisant le passage de ce territoire sous administration britannique | source : aljazeera.com.
Les années du Mandat britannique (1920-1948) voient une immigration juive croissante en Palestine, alimentée par les persécutions en Europe (notamment la montée du nazisme). La population juive locale passe ainsi d’environ 6 % en 1918 à près d’un tiers des habitants en 1947 | source : aljazeera.com. Cette transformation démographique alarme la population arabe palestinienne et engendre des tensions violentes, comme la grande révolte arabe de 1936-1939 contre la tutelle britannique et l’immigration juive | source : aljazeera.com. Parallèlement, les organisations sionistes s’arment et réclament la création d’un État juif. Les affrontements entre communautés se multiplient, poussant la Grande-Bretagne à renoncer à gérer seule la situation.
En 1947, l’ONU propose un plan de partage de la Palestine en deux États, l’un juif et l’autre arabe. Cette résolution 181 attribue environ 55 % du territoire à l’État juif et 45 % à l’État arabe, Jérusalem devant rester sous statut international spécial | source : aljazeera.com. L’Agence juive (représentant le Yichouv, la communauté juive de Palestine) accepte le plan malgré des réserves, mais les dirigeants arabes palestiniens et les pays arabes voisins le rejettent fermement, estimant qu’il lèse la majorité arabe de la population. La tension dégénère en guerre civile dès fin 1947, puis en conflit régional ouvert après la proclamation de l’État d’Israël le 14 mai 1948. Les armées des pays arabes voisins (Égypte, Transjordanie, Syrie, Irak, Liban…) interviennent alors, tandis que les milices sionistes forment la nouvelle armée israélienne.
La première guerre israélo-arabe de 1948-1949 se solde par la victoire d’Israël, dont le territoire s’étend au-delà du plan de partage initial. Un armistice est signé en 1949 : Israël contrôle environ 78 % de l’ancienne Palestine mandataire, y compris la partie ouest de Jérusalem, tandis que la Transjordanie annexe la Cisjordanie (rebaptisée « rive ouest » du Jourdain, d’où Cisjordanie) et Jérusalem-Est, et que l’Égypte administre la bande de Gaza. Cette guerre de 1948 a un impact humain et politique colossal : côté juif, c’est l’indépendance d’Israël, accueillie triomphalement après des siècles d’exil et de persécutions ; côté arabe, c’est la Nakba (« catastrophe » en arabe), c’est-à-dire l’exode de quelque 750 000 Palestiniens chassés ou fuyant les violences, privés de leurs foyers | source : aljazeera.com. Ces réfugiés – et leurs descendants, aujourd’hui plusieurs millions de personnes – ne seront jamais autorisés à revenir en Israël, qui s’oppose à tout droit au retour par crainte de compromettre sa majorité juive. La Nakba, constitutive de la mémoire palestinienne, s’accompagne de la destruction de centaines de villages arabes et marque le début d’un drame des réfugiés toujours non résolu.
Les deux décennies suivantes sont jalonnées de conflits récurrents. En juin 1967, lors de la guerre des Six-Jours, Israël frappe ses voisins préventivement et occupe militairement de vastes territoires arabes, dont la Cisjordanie, la bande de Gaza, Jérusalem-Est et le plateau du Golan syrien. Cette victoire éclair agrandit encore le territoire sous contrôle israélien, qui passe sous administration militaire. En Cisjordanie et à Gaza, environ 300 000 Palestiniens supplémentaires sont déplacés du fait de la guerre de 1967 | source : aljazeera.com, venant grossir le nombre de réfugiés. Israël annexe formellement Jérusalem-Est en 1980 – une mesure non reconnue par l’ONU – et considère toute la ville de Jérusalem comme sa capitale « unie », tandis que les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur État à venir | source : aljazeera.com. À partir de la fin des années 1960, Israël commence également à implanter des colonies de peuplement juives dans les territoires occupés (Cisjordanie, Gaza, Jérusalem-Est), en violation du droit international qui prohibe le transfert de population dans un territoire occupé | source : aljazeera.com. Ces colonies, d’abord peu nombreuses, vont connaître une forte expansion dans les décennies suivantes.
En parallèle, le mouvement national palestinien s’organise en exil. L’Organisation de libération de la Palestine (OLP), fondée en 1964 et bientôt dirigée par Yasser Arafat, se pose en représentante du peuple palestinien et prône à l’origine la lutte armée pour libérer l’ensemble de la Palestine mandataire. Les décennies 1970-1980 sont marquées par des affrontements réguliers, ponctués toutefois d’initiatives diplomatiques (ainsi, l’Égypte signe la paix avec Israël en 1979, récupérant le Sinaï occupé en 1967). Sur le terrain palestinien, la situation reste explosive sous l’occupation militaire. En 1987, la population des territoires occupés se soulève lors de la première Intifada (l’« insurrection des pierres »), une vague de protestation populaire massive contre l’occupation israélienne, réprimée au prix de centaines de morts. Cette révolte aboutit à une évolution majeure : pour la première fois, Israël et l’OLP engagent des négociations directes.
Les Accords d’Oslo (1993-1995) mettent en place un début de processus de paix fondé sur la solution « deux États pour deux peuples ». L’OLP reconnaît officiellement Israël, et Israël reconnaît l’OLP comme représentant des Palestiniens. Ces accords prévoient une autonomie palestinienne transitoire en Cisjordanie et à Gaza en attendant un règlement final. Une Autorité palestinienne (AP) est créée et exerce un pouvoir civil sur certaines zones peuplées (dites zones A et B en Cisjordanie). Cependant, sur le terrain, Oslo débouche sur un territoire morcelé : la Cisjordanie est découpée en zones administratives et Israël conserve le contrôle effectif d’environ 82 % de cette région | source : aljazeera.com. De plus, Jérusalem-Est et Gaza ne voient pas leur sort définitivement réglé. L’Autorité palestinienne, dirigée par Yasser Arafat puis Mahmoud Abbas, administre les principaux centres urbains palestiniens, mais sans réelle souveraineté : les forces israéliennes continuent d’opérer où bon leur semble et les colonies juives, loin de geler, triplent en population entre 1993 et 2023 (passant d’environ 250 000 colons à 700 000 aujourd’hui en Cisjordanie et à Jérusalem-Est) | source : aljazeera.com. Cette poursuite de la colonisation, qualifiée par l’ONU d’illégale et d’« obstacle majeur à une paix viable » | source : aljazeera.com, érode la confiance dans le processus de paix.
Au début des années 2000, l’échec des négociations d’Oslo conduit à une nouvelle explosion de violence avec la deuxième Intifada (2000-2005), bien plus militarisée que la première. Cette période voit de sanglants attentats palestiniens (notamment du Hamas, mouvement islamiste apparu en 1987) et des opérations militaires israéliennes de grande envergure en Cisjordanie (comme l’assaut de Jénine en 2002) et à Gaza. En 2005, Israël décide de se retirer unilatéralement de la bande de Gaza, évacuant les quelques milliers de colons qui y vivaient et les bases militaires qui y étaient implantées. Toutefois, Israël maintient son contrôle de l’espace aérien, maritime et des frontières de Gaza. Le vide de pouvoir interne est comblé par le Hamas, qui remporte les élections législatives palestiniennes de 2006. Les rivalités entre le Hamas et le Fatah (parti dominant l’Autorité palestinienne) dégénèrent en affrontements, et en 2007 le Hamas prend le pouvoir par la force à Gaza, évincant l’Autorité palestinienne du territoire. En réponse, Israël et l’Égypte imposent dès 2007 un blocus strict de Gaza, contrôlant étroitement les entrées de marchandises et de personnes – un blocus toujours en vigueur aujourd’hui | source : aljazeera.com. Gaza, enclavée et appauvrie, devient un bastion du Hamas sous blocus, tandis que l’Autorité palestinienne ne gouverne plus que la Cisjordanie (et encore, sous le joug de l’occupation).
Depuis 2007, la bande de Gaza a été le théâtre de plusieurs guerres entre Israël et le Hamas : en 2008-2009, 2012, 2014, 2021 et, la plus dévastatrice, celle déclenchée en 2023. Ces conflits périodiques suivent souvent un schéma similaire : le Hamas et d’autres factions armées tirent des roquettes sur Israël, qui réplique par des bombardements massifs et parfois des incursions terrestres, faisant payer un prix très lourd à la population gazaouie. Avant 2023, la plus meurtrière de ces confrontations avait été la guerre de l’été 2014 (opération « Bordure protectrice »), qui causa la mort de plus de 2 200 Palestiniens et 73 Israéliens en 50 jours. Pourtant, malgré ces épisodes répétés, aucune solution politique durable n’a émergé. Le territoire palestinien reste morcelé : la Cisjordanie vit sous occupation et voit les colonies et checkpoints se multiplier, tandis que Gaza demeure sous blocus, isolée et régulièrement ravagée par les conflits. C’est dans ce contexte explosif, sur fond d’impasse diplomatique et de détresse palestinienne croissante, qu’a lieu l’escalade majeure d’octobre 2023.
Du déclenchement de la guerre en 2023 aux réalités du terrain en 2025
Le 7 octobre 2023 à l’aube, le Hamas lance depuis Gaza une attaque surprise d’envergure contre Israël. En quelques heures, des milliers de roquettes s’abattent sur le sud du pays et des commandos palestiniens franchissent la barrière séparant Gaza d’Israël, investissant des localités israéliennes frontalières. Cette opération, nommée « Déluge d’al-Aqsa » par le Hamas, prend Israël de court : des kiboutz et la base militaire de Reïm sont submergés. Les combattants palestiniens tuent des civils en grand nombre et s’emparent de quelque 240 otages (des militaires mais aussi des femmes, des enfants, des vieillards, ainsi que des étrangers) qu’ils ramènent à Gaza. Le bilan est effroyable du côté israélien : environ 1 200 personnes sont tuées en quelques heures – principalement des civils, victimes de fusillades de masse dans les villages ou lors d’un festival musical près de Reïm | source : en.wikipedia.org. C’est la journée la plus sanglante de l’histoire d’Israël, comparée en impact au 11-Septembre américain. Le choc et la sidération sont immenses dans la société israélienne, qui découvre l’ampleur des atrocités (familles entières massacrées, exactions rapportées dans certaines localités) et l’échec cuisant des services de renseignement et de l’armée, incapables d’anticiper puis de repousser l’attaque.
Face à ce traumatisme national, Israël déclare immédiatement l’état de guerre et forme un cabinet d’urgence incluant des figures de l’opposition. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou promet de « détruire » le Hamas et de mener une riposte à la hauteur de l’attaque. « Nous sommes en guerre », annonce-t-il, tandis que son ministre de la Défense Yoav Gallant jure de rayer le Hamas « de la surface de la Terre » | source : reuters.com. Dès le 7 octobre au soir, l’aviation israélienne commence à pilonner massivement la bande de Gaza. Une campagne de bombardements d’une intensité inédite se déchaîne sur l’enclave : en quelques jours, des milliers de frappes aériennes frappent des immeubles résidentiels, des quartiers entiers, ainsi que des infrastructures (routes, centrales électriques, hôpitaux, écoles…). L’armée israélienne cible officiellement les positions du Hamas – centres de commandement, dépôts d’armes, maisons de cadres du mouvement – mais la densité urbaine de Gaza et l’effet de saturation des tirs entraînent de très lourdes pertes civiles palestiniennes.
Fin octobre 2023, après des préparatifs intensifs, Israël lance également une invasion terrestre de Gaza. Des dizaines de milliers de soldats israéliens, soutenus par des chars et des drones, pénètrent dans le nord du territoire le 27 octobre | source : en.wikipedia.org. L’objectif affiché est double : anéantir le Hamas (considéré comme une organisation terroriste par Israël, les États-Unis et l’UE) et récupérer les otages détenus à Gaza. La guerre entre l’armée israélienne (Tsahal) et les combattants du Hamas se concentre d’abord dans le nord de la bande de Gaza, autour de la ville de Gaza et du camp de réfugiés de Jabaliya, puis s’étend progressivement vers le sud (Khan Younès, Rafah). Le Hamas, qui a préparé de longue date cette confrontation, oppose une résistance acharnée en mêlant tactiques de guérilla urbaine, usage intensif des tunnels souterrains et pièges explosifs. Israël avance pas à pas, au prix de combats violents et de pertes parmi ses soldats.
Sur le plan humanitaire, la population de Gaza – déjà éprouvée par 16 ans de blocus – subit un calvaire indescriptible. Dès le 9 octobre 2023, Israël impose un « blocus total » en coupant toute fourniture d’électricité, d’eau, de carburant et de nourriture vers Gaza | source : aljazeera.com. Les 2,3 millions d’habitants se retrouvent en situation de siège, manquant de tout. L’armée israélienne ordonne l’évacuation de la moitié nord de la bande de Gaza, enjoignant à 1,1 million de civils de fuir vers le sud sous peine d’être pris sous le feu. Cette transfert de population interne provoque un exode massif sur des routes bombardées, tandis que les hôpitaux du nord, débordés par les blessés, ne peuvent être complètement évacués. Au fil des semaines, 80 % du territoire de Gaza sont déclarés « zones d’évacuation » par Israël | source : aljazeera.com, ne laissant aux civils aucun endroit réellement sûr. Des enclaves de fortune surpeuplées se forment dans le sud (notamment à Khan Younès ou Rafah) où les conditions sanitaires sont désastreuses. L’ONU et le CICR dénoncent une situation de crise humanitaire majeure, sans précédent dans l’histoire récente. Quelques convois d’aide humanitaire parviennent à entrer via l’Égypte, mais de manière très insuffisante par rapport aux besoins. En mars 2025, Israël ira jusqu’à interrompre totalement ces livraisons d’aide pendant plus de deux semaines, aggravant encore la pénurie | source : commonslibrary.parliament.uk | source : commonslibrary.parliament.uk.
Pendant ce temps, les bombardements incessants transforment de larges portions de Gaza en un paysage d’apocalypse. Des quartiers entiers – Beit Hanoun et Shuja’iyya au nord, la vieille ville de Gaza, ou encore le camp de réfugiés de al-Maghazi – sont réduits en ruines. Les frappes touchent également des sites censés être protégés : l’explosion à l’hôpital Al-Ahli le 17 octobre 2023, qui fait des centaines de morts, suscite une indignation mondiale (chaque camp rejetant sur l’autre la responsabilité de ce drame). En décembre 2024, l’ONU qualifie Gaza de « champ de ruines où plus aucun enfant n’est en sécurité », et des experts évoquent même un risque de famine si le siège perdure | source : en.wikipedia.org | source : en.wikipedia.org. D’après les données compilées par l’ONU, presque toutes les habitations de Gaza ont été endommagées ou détruites, de même que la plupart des écoles et une grande partie des infrastructures vitales | source : aljazeera.com. Début 2025, de larges zones urbaines ne sont plus qu’éboulis et près de 1,5 million de Gazaouis (sur 2,3 millions) sont déplacés internes, entassés dans les secteurs encore épargnés ou dans des camps de fortune | source : en.wikipedia.org | source : en.wikipedia.org. En somme, Gaza n’est plus vivable sans une reconstruction massive.
Malgré ce bilan tragique, les combats se poursuivent. Entre fin 2023 et début 2025, le conflit connaît certes quelques pauses. Fin novembre 2023, sous médiation internationale, un cessez-le-feu humanitaire de 7 jours permet un échange partiel d’otages israéliens contre des prisonniers palestiniens, ainsi qu’une entrée accrue d’aide. Mais cette trêve reste limitée et les hostilités reprennent début décembre. La guerre se prolonge ensuite tout au long de l’année 2024, marquée par une lente avancée israélienne vers le sud de Gaza. Sous la pression des États-Unis, un accord de cessez-le-feu plus structuré est conclu en janvier 2025, devant entrer en vigueur le 19 janvier | source : commonslibrary.parliament.uk. Cet accord en trois phases prévoit notamment la retraite des troupes israéliennes de Gaza après l’échange des derniers otages (phase 2) et le lancement d’une reconstruction sous supervision internationale (phase 3) | source : commonslibrary.parliament.uk. Cependant, seule la phase 1 (échanges de captifs et aide humanitaire durant 42 jours) est mise en œuvre. À son expiration, faute d’accord pour prolonger la trêve, Israël accuse le Hamas de tergiverser et décide unilatéralement de reprendre les opérations militaires le 18 mars 2025| source : commonslibrary.parliament.uk. Dès début mars, l’armée israélienne avait de toute façon resserré à nouveau l’étau sur Gaza en bloquant l’entrée de toute aide humanitaire et en coupant l’électricité restante | source : commonslibrary.parliament.uk. La reprise de la guerre en mars 2025 voit Tsahal intensifier ses offensives dans le sud de la bande de Gaza, notamment autour de Khan Younès et Rafah, où se concentrent combattants du Hamas et civils déplacés.
Au 9 juin 2025, la situation sur le terrain est la suivante : l’armée israélienne contrôle militairement une grande partie de la bande de Gaza, occupant des zones stratégiques du nord et du centre, ainsi que des portions du sud autour de Rafah. Le Hamas, bien que durement frappé (plusieurs dirigeants militaires ont été tués par Israël), conserve une présence dans certaines zones densément peuplées et continue à tirer des roquettes de façon sporadique. Des pochettes de résistance subsistent dans les quartiers en ruines de Gaza-ville et Khan Younès. D’après des estimations indépendantes, environ 50 % du territoire de Gaza serait désormais sous contrôle de facto de Tsahal | source : en.wikipedia.orgen.wikipedia.org. La carte géopolitique actuelle de ce micro-territoire illustre ce morcellement : en bleu, les zones occupées par l’armée israélienne (notamment le nord et des couloirs le long de la frontière) ; en rose, les dernières poches tenues par les groupes palestiniens ; en hachuré, les étendues que les civils ont dû évacuer sur injonction israélienne | source : en.wikipedia.orgen.wikipedia.org. Sur le sol israélien, le front de Gaza reste fermé aux civils : une zone tampon a été vidée de ses habitants côté israélien également, en raison du danger des infiltrations et des tirs de mortier du Hamas. Au Liban, dans le nord d’Israël, la frontière reste volatile (des échanges de tirs ont opposé ponctuellement l’armée israélienne au Hezbollah chiite libanais, allié du Hamas, sans toutefois dégénérer en guerre ouverte). Quant aux otages encore détenus à Gaza – ils seraient plusieurs dizaines en juin 2025 – leur sort demeure incertain, tout comme celui des milliers de prisonniers palestiniens en Israël.
Carte de la bande de Gaza au 3 juin 2025. En bleu, les zones sous contrôle militaire israélien (offensive en cours) ; en rose, les zones restant sous contrôle palestinien (Hamas et autres factions) ; les pointillés indiquent les incursions maximales et les zones évacuées. (Source : Wikimedia Commons)
Sur le plan des pertes humaines, le conflit depuis octobre 2023 atteint un bilan terrible. Côté palestinien, les autorités locales font état d’environ 51 000 morts et 116 000 blessés à Gaza à la mi-avril 2025 | source : commonslibrary.parliament.uk, un chiffre qui inclut des milliers de personnes portées disparues et présumées ensevelies sous les décombres. Ce bilan n’a cessé de s’alourdir avec la reprise des combats : en comptant les disparus, plus de 60 000 Palestiniens auraient péri depuis le début de la guerre, dont un nombre très élevé d’enfants aljazeera.com aljazeera.com. À cela s’ajoutent près de 1 000 morts en Cisjordanie occupée depuis octobre 2023 | source : aljazeera.com, la région ayant connu une recrudescence de violences (raids de l’armée israélienne, affrontements avec des groupes armés dans des camps de réfugiés comme Jénine, attaques de colons ultra-nationalistes contre des villages palestiniens, etc.). Côté israélien, environ 1 200 personnes ont été tuées dans les attaques du 7 octobre 2023 et les combats qui ont suivi, dont l’écrasante majorité pendant la seule journée du 7 octobre | source : aljazeera.com. Parmi ces victimes figurent quelque 300 militaires et plus de 800 civils israéliens ou étrangers présents en Israël. Par la suite, les pertes militaires israéliennes durant l’offensive à Gaza s’élèvent à plusieurs centaines de soldats tués au combat (essentiellement lors de combats urbains intenses fin 2023 et lors de l’offensive de Khan Younès au printemps 2024). En tout, Israël dénombre environ 1 139 morts au 3 février 2025 | source : aljazeera.com et plus de 8 000 blessés. Ce rapport de pertes très déséquilibré – des dizaines de milliers de morts palestiniens pour un millier de morts israéliens – alimente les débats internationaux sur la « proportionnalité » de la riposte israélienne et sur le respect du droit humanitaire dans ce conflit asymétrique.
Bilan humain des conflits israélo-palestiniens de 2008 à 2023 (avant la guerre actuelle). Le graphique met en évidence le lourd tribut payé par les civils, notamment palestiniens, lors des différentes escalades : en 2014 et en 2021, puis durant l’offensive déclenchée en 2023 (barre de droite). (Source : Al Jazeera)
Enfin, l’impact socio-économique et psychologique de cette guerre est considérable de part et d’autre. Gaza vit une tragédie humanitaire : plus de 1,7 million de personnes sont déplacées à l’intérieur de l’enclave ; l’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux soins est extrêmement limité ; les maladies menacent dans les abris de fortune. La population, en grande majorité des enfants (plus de la moitié des habitants de Gaza ont moins de 18 ans), est profondément traumatisée. En Israël, la société est également ébranlée : des communautés entières du sud (kibboutzim, villes proches de Gaza) ont été endeuillées ou déplacées, et le pays vit sous la tension d’un conflit prolongé. Durant les premiers mois, plus de 100 000 Israéliens résidant près de Gaza ou au nord (près du Liban) ont été évacués vers l’intérieur du pays par précaution | source : en.wikipedia.org. L’économie israélienne, robuste, a ralenti sous l’effet de la mobilisation de centaines de milliers de réservistes et de la baisse du tourisme, tandis que le coût direct de la guerre se chiffre en dizaines de milliards de dollars. En Cisjordanie, l’Autorité palestinienne au pouvoir fait face à la grogne de sa population, solidaire de Gaza et exaspérée par l’occupation israélienne qui s’intensifie : les raids militaires israéliens à Jénine ou Naplouse, ainsi que les violences de colons, ont transformé l’année 2023 en l’une des plus meurtrières en Cisjordanie depuis la fin de la deuxième Intifada.
Discours et positions officielles des deux camps
Tout au long du conflit, les acteurs politiques majeurs – tant côté israélien que côté palestinien – ont adopté des discours fermes reflétant l’âpreté de l’enjeu existentiel qu’ils perçoivent.
Du côté israélien, le ton a été donné dès les premières heures par le gouvernement de Benyamin Netanyahou. Ayant formé un « cabinet de guerre » avec des membres de l’opposition pour faire face à la crise sans précédent du 7 octobre, Netanyahou a martelé qu’il n’y aurait « aucun répit » tant que le Hamas ne serait pas éliminé. Il a répété qu’aucun cessez-le-feu durable n’était envisageable tant que tous les otages ne seraient pas libérés et que le Hamas continuerait d’exister en tant que force armée à Gaza. « Nous irons jusqu’au bout pour détruire le Hamas », a-t-il déclaré en substance à de multiples reprises. Le ministre de la Défense Yoav Gallant a utilisé un langage encore plus direct, promettant de « rayer de la surface de la Terre cette entité appelée Hamas, cet “ISIS de Gaza” » | source : reuters.com. De même, l’ex-général Benny Gantz, intégré au cabinet de crise, a affirmé qu’il s’agissait d’une guerre pour la survie d’Israël : « Il y a un temps pour la paix et un temps pour la guerre. Maintenant, c’est le temps de la guerre » | source : reuters.com. Ce consensus belliqueux réunit l’essentiel de la classe politique israélienne, y compris l’opposition, dans les premières phases du conflit.
Au fil des mois, alors que les pertes civiles palestiniennes montaient en flèche et que les appels internationaux à la retenue se multipliaient, le discours officiel israélien a peu varié. Netanyahou et ses ministres ont continuellement mis l’accent sur la légitime défense d’Israël face à la barbarie du Hamas. Ils comparent souvent le Hamas à Daech (ISIS) pour souligner la cruauté de ses exactions du 7 octobre et légitimer l’ampleur de la riposte. Toute critique internationale sur le lourd tribut infligé aux civils de Gaza est rejetée par Israël en rappelant la responsabilité initiale du Hamas. « Chaque civil palestinien tué à Gaza est une victime collatérale de la guerre du Hamas contre nous », martèlent en substance les officiels israéliens. L’armée affirme prendre des mesures pour épargner les civils (appels téléphoniques d’évacuation, « tapis de bombes » pour prévenir avant certaines frappes, etc.), tout en accusant le Hamas d’utiliser délibérément la population comme « bouclier humain ». Le chef d’état-major Herzl Halevi a notamment déclaré que « si des civils restent dans les zones de combat à Gaza, c’est parce que le Hamas les en empêche ou les instrumentalise ».
Sur le plan politique, Netanyahou a clairement énoncé qu’à ses yeux, il ne pouvait plus y avoir de Hamas à Gaza à l’avenir. « Le Hamas ne gouvernera plus jamais Gaza une fois cette guerre terminée », a-t-il affirmé. Son gouvernement, dominé par la droite et l’extrême droite, est d’ailleurs opposé à l’idée même d’un État palestinien. En décembre 2024, Netanyahou a publiquement redit son rejet de la solution à deux États, déclarant qu’il ne laisserait pas la Cisjordanie (Judée-Samarie selon le terme officiel israélien) devenir un État palestinien indépendant | source : aljazeera.com. Cette position dure complique toute perspective diplomatique, mais elle reflète l’état d’esprit d’une partie de la coalition au pouvoir à Tel-Aviv, notamment les ministres ultranationalistes qui prônent l’annexion pure et simple des terres occupées. Par ailleurs, les fuites dans la presse israélienne ont révélé des projets post-guerre controversés, tels que la volonté de maintenir une « présence sécuritaire » permanente à Gaza ou même d’encourager l’émigration des Palestiniens de Gaza vers l’étranger. En mars 2025, le gouvernement israélien a ainsi créé un bureau dédié à promouvoir le « départ volontaire » des Palestiniens vers des pays tiers | source : commonslibrary.parliament.uk – un plan perçu par les Palestiniens et nombre de pays arabes comme une tentative de transfert de population inacceptable.
Côté palestinien, deux entités politiques rivales incarnent la direction : le Hamas (mouvement islamiste au pouvoir à Gaza) et l’Autorité palestinienne (dominée par le Fatah laïc et exerçant un pouvoir limité en Cisjordanie). Le discours du Hamas depuis le 7 octobre 2023 est triomphaliste et intransigeant. Dans la foulée de l’attaque, le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh a salué « une victoire stratégique de la résistance » et appelé les Palestiniens à étendre la lutte. Le Hamas a justifié son offensive comme « une étape nécessaire pour faire cesser les crimes de l’occupation » | source : aljazeera.com, évoquant la profanation de la mosquée al-Aqsa et la poursuite de la colonisation en Cisjordanie comme éléments déclencheurs | source : aljazeera.com. Officiellement, le Hamas affirme que ses combattants visaient prioritairement des cibles militaires le 7 octobre et que les morts de civils israéliens seraient dues au « chaos » de la bataille voire à des tirs amis de l’armée israélienne | source : aljazeera.com. Le mouvement a toutefois reconnu que « peut-être des fautes ont été commises » ce jour-là du fait de l’ampleur inattendue de son succès initial | source : aljazeera.com. Cette position de demi-aveu vise à réfuter les nombreuses accusations de massacres de civils (y compris des femmes, des bébés, des personnes âgées) commis par les assaillants du Hamas. Le Hamas nie par exemple tout viol ou mutilation délibérée, malgré des témoignages contraires rapportés par Israël, et maintient que tuer des civils n’est pas son objectif déclaré | source : aljazeera.com.
Sur la détention des otages, le Hamas s’est présenté comme prêt à les échanger contre les prisonniers palestiniens détenus en Israël (environ 6 500 au début du conflit). Son porte-parole Abou Obeida a utilisé les captifs israéliens comme levier de négociation, déclarant à plusieurs reprises que « si Israël arrête son agression et libère nos prisonniers, nous rendrons immédiatement les otages ». Durant la trêve de novembre 2023, le Hamas a effectivement relâché en une semaine 105 otages (femmes et enfants en priorité) en échange de 240 détenus palestiniens libérés par Israël. Après la reprise de la guerre, le Hamas a proposé des trêves humanitaires prolongées en échange de la libération progressive des autres otages, mais les pourparlers se sont enlisés début 2025. En juin 2025, les dirigeants du Hamas réitèrent que sans cessez-le-feu global, aucun règlement définitif ne peut être trouvé sur les otages | source : timesofisrael.com.
D’une façon générale, le Hamas adopte un discours de résistance héroïque face à « l’agression sioniste génocidaire ». Le chef de son aile militaire (les Brigades al-Qassam), Mohammed Deif – tué par un raid israélien en 2024 – avait appelé dès le 7 octobre les Palestiniens de Cisjordanie et des pays voisins à rejoindre le soulèvement. L’aile politique du Hamas, basée en partie à Doha au Qatar, insiste sur le fait que « la question palestinienne ne se règlera que par la fin de l’occupation ». Le Hamas refuse catégoriquement tout désarmement et toute reddition. Même acculé militairement à Gaza, le mouvement clame qu’il continuerait le combat sous forme de guérilla s’il perd le contrôle du territoire. En privé, certains cadres du Hamas ont concédé être prêts à ne plus administrer la bande de Gaza (la gouvernance civile pourrait être confiée à une tierce partie) pourvu que le blocus soit levé, mais ils excluent de « déposer les armes »| source : commonslibrary.parliament.uk commonslibrary.parliament.uk. Leur argument est que les armes de la résistance sont la seule garantie de protection des Palestiniens tant qu’il n’y a pas d’État souverain.
Du côté de l’Autorité palestinienne (AP) de Mahmoud Abbas, le ton est bien différent. Abbas, président de l’AP et 87 ans en 2025, est le défenseur d’une voie diplomatique et non violente depuis des années. Il s’est retrouvé en position délicate après l’offensive du Hamas : ni complice de celle-ci (le Hamas est son rival), ni aligné sur Israël, il a dû ménager son discours. Dans les jours suivant le 7 octobre, Abbas a d’abord évité de condamner publiquement le Hamas, de peur de se couper de l’opinion palestinienne qui voyait dans l’attaque une revanche contre l’occupation. Mais très vite, face au bain de sang et aux pressions internationales, il a condamné « toutes les violences contre des civils, de part et d’autre » | source : reuters.com. « Nous rejetons la pratique consistant à tuer ou maltraiter des civils des deux côtés, car cela va à l’encontre de la morale, de la religion et du droit international », a déclaré Mahmoud Abbas le 12 octobre 2023 | source : reuters.com. Cette déclaration visait implicitement le massacre de civils israéliens par le Hamas tout autant que les bombardements israéliens sur Gaza. Abbas a ainsi marqué sa désapprobation de l’attaque du Hamas, qu’il a qualifiée d’« instrumentalisée par Israël pour justifier sa destruction de Gaza » d’après des comptes-rendus ultérieurs | source : timesofisrael.com.
En parallèle, le président Abbas a fermement dénoncé la « guerre de génocide » menée par Israël à Gaza | source : timesofisrael.com. Dans ses discours à l’ONU et auprès des dirigeants étrangers, il accuse Israël de perpétrer des massacres et exhorte la communauté internationale à stopper « l’agression ». Le 27 septembre 2024 à l’ONU, Abbas a ainsi plaidé que les Palestiniens font face à « une guerre d’extermination » et demandé une protection internationale urgente | source : timesofisrael.com. Il a aussi mis en garde contre toute idée de transfert de population : « Nous n’accepterons jamais qu’un seul centimètre de Gaza soit enlevé à notre peuple », a-t-il déclaré fin 2024 | source : press.un.org, en réponse aux suggestions de déplacement des Gazaouis vers le Sinaï ou ailleurs. Abbas tente ainsi de rester le porte-voix diplomatique de la cause palestinienne modérée, réaffirmant l’objectif d’un État palestinien indépendant sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale. Il répète que l’OLP (dont il est également président) demeure engagée pour une solution à deux États négociée. Toutefois, son influence concrète sur le cours de la guerre est marginale : exclue de Gaza et affaiblie en Cisjordanie, l’Autorité palestinienne apparaît impuissante. Ses rares initiatives – comme appeler le Hamas à libérer les otages civils car leur détention « donne des excuses à Israël pour bombarder Gaza » | source : aljazeera.com – lui ont même valu d’être critiquée par le Hamas, qui l’a accusée de trahison.
En somme, les voix palestiniennes officielles sont divisées. Le Hamas se pose en résistant victorieux et refuse tout compromis tant qu’Israël occupe et assiège les Palestiniens. L’Autorité palestinienne condamne l’effusion de sang des deux côtés, tente de mobiliser le soutien international en criant au génocide à Gaza, mais reste écartée des négociations concrètes. D’autres acteurs palestiniens (tels que le Jihad islamique, plus petit groupe armé à Gaza, ou les factions de gauche du FPLP) appuient militairement le Hamas et partagent son refus de toute reddition. A contrario, des voix issues de la société civile palestinienne appellent à l’unité et à la protection des civils : des médecins, des ONG, des familles de victimes exhortent la communauté internationale à imposer un cessez-le-feu immédiat pour sauver des vies, faisant écho à l’ampleur du drame humain en cours.
Jeux d’alliance et réactions internationales
Le conflit israélo-palestinien, et en particulier la guerre déclenchée en 2023-2025, a des répercussions géopolitiques mondiales. Les puissances étrangères et les pays voisins y jouent un rôle diplomatique, militaire ou propagandiste, chacun défendant ses intérêts stratégiques. Globalement, la guerre de Gaza a polarisé la communauté internationale autour de deux tendances : les alliés traditionnels d’Israël ont soutenu son droit à se défendre contre le Hamas (tout en appelant à minimiser les dommages civils), tandis qu’une grande partie du monde arabe et des pays du Sud ont dénoncé les actions d’Israël comme disproportionnées et plaidé pour un cessez-le-feu immédiat.
Les États-Unis, allié le plus proche d’Israël, ont dès le début affiché un appui sans faille à Jérusalem. Le président américain (Joe Biden en 2023, puis Donald Trump à partir de janvier 2025, suite à l’élection de 2024) a répété qu’Israël avait le droit et le devoir de se défendre après l’attaque du Hamas. Washington a rapidement acheminé des renforts militaires (munitions, batteries anti-missiles) et déployé des porte-avions en Méditerranée orientale pour dissuader d’autres acteurs d’entrer en guerre. Le ton américain vis-à-vis du Hamas a été sans ambiguïté : « Le Hamas ne peut pas continuer à exister », a déclaré en mars 2025 l’ambassadrice américaine à l’ONU, ajoutant « nous soutenons Israël dans ses efforts pour se défendre » | source : commonslibrary.parliament.uk. Au Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis ont veto à plusieurs reprises des résolutions appelant à un cessez-le-feu, arguant que « le Hamas porte l’entière responsabilité de la reprise des hostilités » et qu’Israël doit pouvoir neutraliser cette menace | source : commonslibrary.parliament.uk. En parallèle, Washington a exhorté Israël à respecter le droit humanitaire, sans toutefois le condamner formellement. Le message américain a souvent été : « Faites tout pour épargner les civils, mais nous comprenons que cela reste une guerre contre un ennemi brutal ». Sous Biden, les États-Unis ont encouragé ponctuellement des « pauses humanitaires » pour acheminer de l’aide et évacuer des otages, sans jamais imposer de réelle retenue à Israël. Avec Donald Trump de retour à la Maison-Blanche en 2025, le soutien s’est fait encore plus inconditionnel : l’administration Trump a pleinement avalisé l’objectif israélien d’éliminer le Hamas et a même proposé des idées controversées (comme inciter les Palestiniens de Gaza à partir temporairement) pour faciliter la reconstruction | source : commonslibrary.parliament.uk commonslibrary.parliament.uk. Toutefois, face aux critiques internationales, Trump a dû clarifier qu’il n’était « pas question d’expulser qui que ce soit » de force | source : commonslibrary.parliament.uk. En résumé, Washington s’est aligné sur les exigences d’Israël, tout en se disant préoccupé du sort des civils et en appelant (du bout des lèvres) au respect du droit humanitaire.
L’Union européenne, quant à elle, a eu une réaction plus nuancée et divisée en interne. Dans les premiers jours, les dirigeants européens (France, Allemagne, Italie notamment) ont exprimé une solidarité totale avec Israël face aux attaques du Hamas et condamné durement le terrorisme de ce dernier. Néanmoins, à mesure que le nombre de victimes civiles à Gaza augmentait, le ton européen a évolué vers davantage de retenue. Bruxelles a appelé rapidement à des « pauses humanitaires » puis, début 2024, de plus en plus de voix européennes ont soutenu l’idée d’un cessez-le-feu. Officiellement, depuis mars 2025, l’UE dans son ensemble réclame un cessez-le-feu immédiat et l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire à Gaza | source : commonslibrary.parliament.uk. Des clivages subsistent toutefois au sein des 27 États membres : certains pays d’Europe de l’Est ou l’Allemagne restent très alignés sur le soutien à Israël, tandis que d’autres (Irlande, Espagne, Belgique, etc.) critiquent ouvertement la réponse israélienne qu’ils jugent criminelle. Fait significatif, plusieurs pays d’Amérique latine ont pris des mesures diplomatiques fortes face aux images en provenance de Gaza : la Bolivie a par exemple rompu ses relations avec Israël fin 2023 en dénonçant un « massacre à Gaza », et le Chili ainsi que la Colombie ont rappelé temporairement leur ambassadeur en Israël en signe de désapprobation | source : en.wikipedia.org.
Dans le monde arabe et musulman, l’onde de choc a été immense. Si certains gouvernements arabes sunnites s’étaient rapprochés d’Israël ces dernières années (Accords d’Abraham de 2020, discussions informelles avec l’Arabie saoudite en 2023), la guerre de Gaza a ravivé le soutien populaire à la cause palestinienne et mis ces régimes sous pression. L’Égypte et la Jordanie, les deux seuls pays arabes en paix officielle avec Israël depuis des décennies, ont très vite mis en garde Israël contre une invasion totale de Gaza et, surtout, contre toute tentative de déplacer les Palestiniens de Gaza vers le Sinaï égyptien ou la Jordanie. Le président égyptien al-Sissi et le roi Abdallah II de Jordanie ont fermement refusé l’idée de devenir les déversoirs d’un exode forcé. « Le déplacement des Palestiniens de Gaza n’aura pas lieu, c’est une ligne rouge », a martelé le souverain jordanien en octobre 2023. Ces pays craignent en effet qu’Israël ne profite du chaos pour répéter un scénario de Nakba et expulser définitivement la population de Gaza. Ils ont donc fustigé les déclarations du président Trump suggérant que les Gazaouis « pourraient quitter Gaza temporairement » pendant la reconstruction | source : commonslibrary.parliament.uk. La Ligue arabe s’est réunie à plusieurs reprises, condamnant quasi-unanimement « l’agression israélienne » et appelant à un cessez-le-feu, tout en réaffirmant le soutien à la création d’un État palestinien. En mars 2025, les pays arabes ont même proposé un plan de reconstruction de Gaza sur trois phases, prévoyant une administration transitoire de Gaza par un comité technocratique (ni Hamas ni Autorité palestinienne), plan qui a reçu l’appui de certaines puissances européennes | source : commonslibrary.parliament.uk commonslibrary.parliament.uk. Mais Israël et les États-Unis ont rejeté ce plan arabe dans un premier temps | source : commonslibrary.parliament.uk, y voyant un risque de réhabiliter indirectement le Hamas ou d’accroître l’influence de pays comme l’Égypte ou le Qatar.
Concernant les monarchies du Golfe qui avaient amorcé un rapprochement avec Israël, la guerre a mis un coup d’arrêt brutal aux diplomaties. L’Arabie saoudite a suspendu les discussions de normalisation entamées en 2023, le roi Salmane et le prince héritier Mohammed ben Salmane dénonçant la « carnage à Gaza ». Le Qatar, qui abrite des dirigeants du Hamas, s’est positionné comme médiateur central : Doha a facilité les négociations de trêve et d’échange d’otages, tout en finançant largement l’aide humanitaire à Gaza. Le Qatar a aussi servi de canal de communication indirect entre les États-Unis et le Hamas. La Turquie d’Erdogan, quant à elle, a adopté un ton extrêmement virulent contre Israël, allant jusqu’à qualifier l’action israélienne de « tentative d’extermination ». Ankara a organisé de vastes manifestations pro-palestiniennes et temporairement gelé ses contacts avec Israël. L’Iran, allié du Hamas et du Jihad islamique, a salué l’« exploit » du 7 octobre comme une « victoire de la résistance islamique » et a menacé qu’une destruction de Gaza franchirait « les lignes rouges ». Les dirigeants iraniens – l’ayatollah Khamenei en tête – ont appelé les pays musulmans à sanctionner Israël et ont encouragé leurs alliés régionaux (Hezbollah libanais, milices chiites irakiennes, rebelles Houthis du Yémen) à harceler les intérêts américano-israéliens | source : commonslibrary.parliament.uk. En pratique, l’Iran est resté en retrait militairement (évitant une confrontation directe), mais ses proxys ont multiplié les escarmouches : tirs de roquettes du Hezbollah au nord d’Israël, attaques de drones houthis contre des navires israéliens en mer Rouge, roquettes tirées depuis la Syrie ou l’Irak sur des bases américaines en Moyen-Orient | source : commonslibrary.parliament.uk. À deux reprises même (avril et octobre 2024), Israël a accusé directement l’Iran d’avoir tenté de frapper son territoire avec des missiles ou drones, et a répliqué en ciblant des sites en Iran | source : commonslibrary.parliament.uk. Le risque d’embrasement régional a été réel, même si aucune guerre ouverte n’a éclaté entre États pour l’instant.
Du côté des grandes puissances rivales de l’Occident, la Russie et la Chine ont adopté une posture critique envers Israël, en partie opportuniste. Moscou, traditionnellement en bons termes à la fois avec Israël et avec certains acteurs palestiniens (y compris le Hamas, que la Russie ne classe pas comme organisation terroriste), a d’abord appelé à la désescalade tout en blâmant l’échec de la politique américaine au Moyen-Orient. Vladimir Poutine a condamné l’attaque du Hamas du 7 octobre mais a aussi averti Israël que le blocus total de Gaza était « inadmissible » et que la guerre pourrait « s’étendre bien au-delà du Moyen-Orient » si elle continuait sur ce ton | source : apnews.com. La Russie s’est posée en médiateur potentiel : elle a reçu des délégations du Hamas à Moscou et a voté à l’ONU des résolutions demandant des pauses humanitaires. Il y a aussi chez Poutine une volonté de pointer la « double morale » occidentale : il accuse les Occidentaux de condamner l’occupation russe en Ukraine tout en soutenant l’occupation israélienne en Palestine | source : en.wikipedia.org. Sur le terrain, la guerre de Gaza a eu un impact indirect sur la guerre en Ukraine : elle a détourné l’attention médiatique et diplomatique, ce qui n’a pas déplu au Kremlin. Fin 2023, la Russie a mis son veto à une résolution au Conseil de sécurité qui n’incluait pas un appel au cessez-le-feu immédiat, et a au contraire proposé son propre texte appelant à la fin des hostilités (ce qui a été rejeté par le camp occidental). En résumé, Moscou a prôné le cessez-le-feu et critiqué Israël de plus en plus ouvertement, allant jusqu’à accuser ce dernier de crimes de guerre. Les relations russo-israéliennes se sont dégradées : début 2024, Israël a commencé à livrer du matériel non létal à l’Ukraine, ce qui a irrité Moscou, tandis que la Russie accueillait à bras ouverts des représentants du Hamas.
Pékin, de son côté, s’est efforcé de jouer le rôle d’acteur responsable et pacifique. La Chine a immédiatement appelé à « un cessez-le-feu et la fin des hostilités » dès octobre 2023 | source : cnbc.com. Le ministre chinois des Affaires étrangères a rappelé la nécessité « d’établir un État de Palestine indépendant » | source : cnbc.com, reprenant une position de principe constante de la diplomatie chinoise. Tout en condamnant les violences contre les civils (sans cibler clairement le Hamas dans un premier temps), la Chine a critiqué les États-Unis pour leur parti pris pro-israélien et leur veto aux Nations unies | source : thediplomat.com. Pékin a cherché à se poser en contre-modèle de Washington, soutenant des résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU exigeant un cessez-le-feu. La propagande chinoise à usage interne a souligné que la position chinoise était « du côté de la paix, de l’équité et de la justice » face à un Occident accusé de deux poids deux mesures | source : washingtoninstitute.org. La Chine, qui importe du pétrole du Golfe et a des intérêts au Moyen-Orient, souhaite la stabilité et a même proposé d’accueillir un « sommet de paix » sur le conflit israélo-palestinien. Sans réelle influence directe sur le Hamas ou Israël, Pékin cherche surtout à gagner en stature diplomatique et à renforcer ses liens avec le monde arabe.
Quant aux instances multilatérales, elles ont montré leurs limites habituelles. Au Conseil de sécurité de l’ONU, les vétos américains ont bloqué toute action contraignante. L’Assemblée générale de l’ONU a voté fin 2023 une résolution (non contraignante) exigeant une trêve humanitaire immédiate à Gaza, approuvée par 120 pays (principalement du Sud) contre 14 (dont les États-Unis, Israël, etc.), illustrant l’isolement relatif des positions pro-israéliennes. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a eu des mots très durs, déclarant en octobre 2024 que « Gaza est devenu un cimetière d’enfants » et que les bombardements incessants de civils étaient « injustifiables ». Il a appelé à plusieurs reprises à arrêter « ce carnage ». Israël a vivement réagi en accusant Guterres de partialité et en réclamant sa démission. Parallèlement, des organismes comme l’OMS, l’UNICEF ou le Programme alimentaire mondial ont tiré la sonnette d’alarme sur la situation humanitaire, souvent en vain face à la détermination israélo-américaine à poursuivre les opérations militaires.
En somme, la guerre Israël-Hamas de 2023-2025 a ravivé les divisions géopolitiques. Elle a renforcé l’axe Washington-Tel Aviv et ses alliés occidentaux, opposé à un front sino-russe et à l’ensemble du monde arabo-musulman dénonçant l’action d’Israël. Des acteurs régionaux comme l’Iran ou le Hezbollah ont été impliqués indirectement, soulevant la crainte d’un conflit régional plus large. Jusqu’ici, ces puissances tierces ont calibré leur implication pour éviter une escalade incontrôlée – aucun pays arabe ne souhaitant affronter militairement Israël/USA, et l’Iran avançant prudemment pour ne pas provoquer de frappe majeure sur son sol. Mais la situation demeure fragile : chaque jour de guerre à Gaza attise un peu plus la colère populaire dans les rues arabes, fragilisant certains gouvernements (comme en Jordanie ou en Égypte) et risquant de provoquer un débordement imprévu.
Enjeux géopolitiques, économiques, culturels et religieux du conflit
Le conflit israélo-palestinien concentre une multitude d’enjeux imbriqués, qui expliquent sa longévité et sa complexité. Au-delà de l’affrontement militaire, c’est un conflit territorial, identitaire, religieux et géopolitique à la fois, avec des dimensions économiques et culturelles notables.
Sur le plan géopolitique, la Palestine/Israël occupe depuis un siècle une position stratégique au Proche-Orient, carrefour entre l’Orient arabe et l’Occident. Pour les grandes puissances, ce conflit a souvent été un terrain d’influence. Durant la Guerre froide, il opposait un camp pro-américain (Israël) à un camp soutenu par l’URSS (certains États arabes, l’OLP). Aujourd’hui encore, il sert de baromètre : le degré de soutien ou de critique envers Israël distingue les alliances (ainsi, les États-Unis et l’Europe d’un côté, la Russie, la Chine, l’Iran de l’autre). Le conflit influence aussi la stabilité régionale : chaque flambée de violence israélo-palestinienne peut embraser la rue arabe et déstabiliser des régimes en place. Il alimente les rhétoriques extrémistes : des groupes comme Al-Qaïda hier, ou Daech, ont exploité la cause palestinienne pour légitimer le jihad contre l’Occident ou les régimes « apostats ». Inversement, l’apaisement du conflit ouvrirait la voie à une coopération régionale plus poussée (échanges économiques, alignements stratégiques contre la menace iranienne, etc.), comme en témoignaient les Accords d’Abraham de 2020 (normalisation d’Israël avec EAU, Bahreïn, Maroc, Soudan). Mais la guerre actuelle a remis en question ces dynamiques de rapprochement. L’image d’Israël s’est dégradée dans l’opinion publique mondiale, en particulier dans le Sud global, ce qui pourrait réorienter des alliances (par exemple, pousser l’Arabie saoudite ou la Turquie à renforcer leurs liens avec la Chine et la Russie, jugées plus empathiques à la cause palestinienne).
L’aspect économique du conflit est souvent secondaire par rapport aux enjeux identitaires, mais il n’est pas négligeable. La terre en Palestine n’était pas riche en ressources naturelles stratégiques (pas de pétrole notamment), mais elle est fertile par endroits et hautement valorisée. Les guerres et l’occupation ont des conséquences économiques lourdes : la Cisjordanie et Gaza subissent un développement entravé (circulation restreinte, contrôle des importations/exportations, dépendance aux aides internationales). Gaza, sous blocus, a vu son économie s’effondrer : plus de la moitié des actifs y étaient au chômage même avant 2023. La destruction massive d’infrastructures à Gaza signifie qu’il faudra des dizaines de milliards de dollars pour la reconstruire, effort qui pèsera sur les bailleurs internationaux (États du Golfe, UE, etc.). Du côté israélien, le conflit a aussi un coût : mobilisation prolongée de réservistes (donc moindre production économique), baisse des investissements étrangers par crainte de l’instabilité, secteurs comme le tourisme en chute libre durant la guerre. Cependant, l’économie israélienne, diversifiée et innovante (haute technologie, armement, agriculture high-tech), a montré dans le passé une résilience certaine face aux conflits sporadiques. Un enjeu économique de long terme est la gestion des ressources en eau : Israël et Palestine se disputent l’accès à des aquifères et au Jourdain, et la question de l’eau est cruciale dans la viabilité d’un futur État palestinien. Par ailleurs, les inégalités économiques entre Israël (pays développé) et les territoires palestiniens (économies dépendantes) nourrissent le ressentiment et rendent d’autant plus difficile une coexistence pacifique sans un règlement politique.
Sur le plan culturel et narratif, le conflit oppose deux récits nationaux inconciliables jusqu’ici. Pour les Israéliens juifs, il s’agit de l’aboutissement du rêve sioniste : rassembler un peuple dispersé, survivant de persécutions (dont la Shoah), sur sa terre ancestrale pour y construire un État moderne. Leur culture nationale s’est bâtie autour du souvenir d’être un peuple réfugié et menacé, ce qui explique une forte résilience collective et la sacralisation de la notion de sécurité. En face, les Palestiniens fondent leur identité sur la mémoire de la Nakba de 1948 (la perte de leur patrie et l’exode) et sur la résistance à l’occupation. Leur culture nationale s’exprime dans la volonté de retour (droit au retour pour les réfugiés), la valorisation du sumud (la « constance » sur la terre malgré l’adversité) et le deuil des terres et villages perdus. Ces deux récits – holocauste et renaissance vs. expulsion et oppression – ont du mal à cohabiter. Ils alimentent un conflit de mémoire où chaque camp a du mal à reconnaître la souffrance de l’autre. Culturellement, la région a vu la coexistence de plusieurs communautés (Juifs, Arabes musulmans, chrétiens) pendant des siècles, mais le conflit a érigé des barrières de méfiance. Pourtant, des initiatives culturelles conjointes existent (associations de dialogue, projets artistiques communs), mais elles restent minoritaires face aux tensions. À l’international, ce conflit suscite des mouvements de solidarité culturelle très polarisés : on a vu des vagues de soutien pro-palestinien (manifestations massives dans de nombreux pays, campagne BDS de boycott culturel et économique d’Israël) et en parallèle des mobilisations pro-israéliennes (notamment au sein des communautés juives de diaspora, vigilantes face à la montée d’un possible nouvel antisémitisme sous couvert d’antisionisme). Le débat culturel autour de ce conflit est vif sur les campus, dans les médias, sur les réseaux sociaux, ce qui maintient le sujet dans le feu de l’actualité mondiale.
Enfin, l’aspect religieux est un élément indissociable du conflit, bien qu’il ne le résume pas. Jérusalem est un point focal religieux : la vieille ville abrite des lieux saints des trois monothéismes – le Haram al-Sharif (Esplanade des Mosquées, qui comprend la mosquée al-Aqsa et le Dôme du Rocher) pour les musulmans, appelé Mont du Temple par les Juifs (car site des anciens temples bibliques), et à proximité le Saint-Sépulcre pour les chrétiens. La souveraineté sur Jérusalem-Est, annexée par Israël mais revendiquée par les Palestiniens, revêt donc une dimension spirituelle. Chaque flambée de violence autour d’al-Aqsa (par exemple des tentatives de groupes juifs ultra-nationalistes de prier sur l’esplanade, ce qui est interdit par le statu quo, ou des interventions policières dans la mosquée) met le feu aux poudres. Le Hamas a d’ailleurs justifié son attaque du 7 octobre en partie par la nécessité de « protéger al-Aqsa » face aux « provocations » israéliennes | source : aljazeera.com. Dans le camp israélien, la religion joue aussi un rôle : la coalition au pouvoir comprend des partis religieux sionistes qui voient dans la possession entière de la « Terre d’Israël » un droit divin. Certains colons invoquent la Bible pour s’installer en Cisjordanie (Judée-Samarie). Cette dimension religieuse complique les compromis : par exemple, le Waqf musulman et la Jordanie, gardiens d’al-Aqsa, refusent toute perte de contrôle sur ce sanctuaire, tandis que des activistes juifs rêvent de reconstruire un Troisième Temple sur le Mont. De même, le conflit a une dimension de guerre sainte pour les islamistes : le Hamas, mouvement islamique sunnite, présente son combat comme un jihad contre l’oppresseur occupant une terre islamique (Palestine est souvent qualifiée de ard al-ribat, terre du front sacré, dans la littérature jihadiste). L’élément religieux peut ainsi exacerber la violence (via des discours apocalyptiques ou fanatiques) et lui donner une portée globale, mobilisant des croyants bien au-delà des frontières du conflit.
Cependant, il convient de noter que le conflit n’est pas intrinsèquement une guerre de religion : au départ, c’est un conflit nationaliste et territorial. Juifs et Arabes y ont compté des laïcs et des religieux dans leurs rangs. Mais la religion est devenue un marqueur identitaire de plus en plus fort à mesure que la dimension politique du conflit stagnait. Aujourd’hui, l’aspect religieux alimente la dynamique de radicalisation de chaque côté, réduisant l’espace pour un compromis rationnel. Paradoxalement, des voix religieuses modérées existent pour appeler à la paix (des rabbins prônant la cohabitation, des imams prêchant la non-violence), mais elles peinent à se faire entendre.
En résumé, les enjeux du conflit israélo-palestinien dépassent largement une simple querelle de territoire. Il s’agit d’un nœud gordien mêlant géopolitique (influences des grandes puissances, stabilité régionale), économie (développement, ressources), culture et mémoire (droits historiques, récits nationaux opposés) et religion (lieux saints, identités spirituelles). C’est cette intrication qui rend la résolution si ardue : toute avancée sur l’un de ces plans se heurte aux sensibilités de l’autre. La situation actuelle en 2025 en est l’illustration extrême : même face à une catastrophe humanitaire évidente à Gaza, les logiques identitaires, sécuritaires et religieuses rendent très difficile l’arrêt des hostilités.
Quelles perspectives pour l’avenir ? Scénarios et conséquences à long terme
Alors que le conflit continue au 9 juin 2025, chacun s’interroge sur les conséquences à long terme de cette guerre et sur ce qu’elle augure pour l’avenir d’Israël et de la Palestine. Bien qu’il soit hasardeux de prédire précisément l’évolution d’une situation aussi volatile, certains scénarios réalistes se dessinent, avec des implications majeures en termes de sécurité, d’économie, de diplomatie et de viabilité politique de part et d’autre.
Du côté d’Israël, la guerre de 2023-2025 aura sans doute des effets durables sur la sécurité nationale et la doctrine militaire. À court terme, Israël aura éliminé une partie importante de l’infrastructure militaire du Hamas à Gaza et peut-être tué une grande partie de ses cadres. Cela pourrait se traduire par une accalmie relative sur le front sud une fois les opérations terminées, similaire à la période de calme relatif qui avait suivi la guerre de 2014 (avec toutefois des escarmouches ponctuelles). Cependant, si le Hamas est éradiqué en tant qu’entité gouvernante, le vide laissé à Gaza comportera de nouveaux risques : insurrection diffuse de poches de combattants islamistes, émergence possible de groupes encore plus radicaux (affiliés à Daech par exemple), ou infiltration de milices chiites pro-iraniennes. Si Israël choisit de rester militairement à Gaza (occupation partielle ou zones tampon élargies), elle s’exposerait à une guerre de guérilla permanente qui pourrait rappeler l’occupation du Sud-Liban dans les années 1980-90. En revanche, si Israël se retire complètement après la guerre, la question sera : qui garantira la sécurité à Gaza ? Sans interlocuteur fiable, Israël pourrait se retrouver dans un schéma où Gaza est un territoire chaotique, source de menaces intermittentes. Autre défi sécuritaire : le front nord avec le Hezbollah. Celui-ci est sorti renforcé en prestige d’avoir « tenu tête » à Israël (même sans affrontement majeur) et dispose d’un arsenal supérieur à celui du Hamas. Une fois l’armée israélienne éprouvée par Gaza, le Hezbollah pourrait estimer le moment venu de provoquer une confrontation, surtout dans un contexte de rivalité Iran-Israël accrue. Ainsi, Israël risque de faire face à un environnement stratégique toujours dangereux, malgré la neutralisation temporaire du Hamas. La doctrine de dissuasion israélienne a par ailleurs été entamée par l’attaque du 7 octobre : les adversaires d’Israël ont vu qu’il était possible de lui infliger un coup très dur. Certes, la riposte israélienne sur Gaza a reconstitué en partie la dissuasion par la terreur qu’Israël veut inspirer, mais elle a aussi démontré les limites du renseignement et de la protection autour de Gaza. Il est donc probable qu’Israël investisse encore plus dans la technologie sécuritaire (drones, capteurs, intelligence artificielle) et la préparation militaire, mais aussi qu’il renforce les fortifications aux frontières. Un débat interne est en cours en Israël sur la nécessité de profondes réformes au sein de l’armée et des services de sécurité pour éviter un nouveau 7 octobre.
Sur le plan politique intérieur, cette guerre pourrait rebattre les cartes en Israël. Le gouvernement Netanyahou, très critiqué pour son impréparation ayant conduit au désastre du 7 octobre, a pour l’instant survécu grâce à l’union sacrée en temps de guerre. Mais une fois la guerre terminée, les comptes seront demandés. On peut s’attendre à une crise politique majeure : déjà, des mouvements de familles endeuillées et des réservistes dénoncent la responsabilité du leadership. Netanyahou, au pouvoir depuis de longues années, pourrait être contraint à la démission sous la pression populaire. Des enquêtes parlementaires ou judiciaires sont probables pour établir les manquements. Au-delà des personnes, la société israélienne sortira durablement marquée. Le traumatisme du 7 octobre a ressoudé l’opinion autour de l’objectif de punir le Hamas, mais il a aussi brisé un sentiment d’invulnérabilité. Un sondage récent montrait que près de la moitié des Israéliens approuvaient l’idée que l’armée « tue autant de Palestiniens que nécessaire à Gaza » | source : en.wikipedia.org, signe d’une radicalisation de l’opinion juive israélienne vers des positions très dures. Dans le même temps, la minorité arabe d’Israël (environ 20 % de la population israélienne) se sent de plus en plus ostracisée, ayant dénoncé l’ampleur des bombardements à Gaza et subi en retour des accusations de manque de loyauté. La fracture interne entre citoyens juifs et arabes d’Israël, déjà visible lors des émeutes intercommunautaires de mai 2021, pourrait s’approfondir. Cela pose un défi à la cohésion nationale israélienne à long terme.
Sur la scène internationale, Israël sort affaibli en termes d’image diplomatique. Si ses alliés occidentaux gouvernementaux lui sont restés fidèles, l’opinion publique mondiale a été très choquée par les pertes civiles palestiniennes. Des termes comme « apartheid », « génocide » ou « crimes de guerre » envers les actions israéliennes, autrefois cantonnés à la société civile ou à quelques ONG, ont gagné du terrain dans le discours médiatique courant. Cela pourrait se traduire par un isolement accru d’Israël dans les instances internationales. Déjà, la Cour pénale internationale (CPI) a commencé des enquêtes, et en 2025 des mandats d’arrêt internationaux ont été émis contre des responsables israéliens (y compris potentiellement Netanyahou ou des hauts gradés) pour crimes de guerre présumés | source : en.wikipedia.org. Même si Israël ne reconnaît pas la CPI, cela ternit son statut et pourrait limiter les déplacements de certains dirigeants. Sur le long terme, l’entêtement à occuper les territoires sans solution politique pourrait amener certains pays européens, lassés, à reconnaître un État de Palestine (la France a déjà évoqué cette possibilité pour juin 2025 | source : commonslibrary.parliament.uk). Un tel geste diplomatique, purement symbolique aux yeux d’Israël, serait perçu comme un camouflet. De même, dans le monde arabe, la normalisation initiée par les Accords d’Abraham risque de stagner voire de régresser : les dirigeants qui ont signé avec Israël, confrontés à leur opinion publique, pourraient geler les coopérations (par exemple, le Maroc a suspendu ses échanges militaires avec Israël après le début de la guerre). En bref, sur le plan diplomatique, Israël risque de payer une certaine solitude, compensée certes par l’amitié indéfectible des États-Unis, mais au prix d’une relation peut-être plus instrumentalisée par Washington dans le cadre de la compétition avec la Chine et la Russie.
Pour les Palestiniens, l’avenir s’annonce également semé d’incertitudes existentielles. En Palestine (territoires), la situation humanitaire et politique post-guerre sera critique. Gaza, en particulier, est à reconstruire presque à zéro. Si un cessez-le-feu ferme intervient et que l’aide internationale afflue, il faudra gérer la reconstruction de dizaines de milliers de logements, d’hôpitaux, d’écoles… Une question cruciale sera : qui gouvernera Gaza ? Israël exclut que le Hamas reprenne les rênes, et semble même s’opposer à un retour de l’Autorité palestinienne ou de l’ONU | source : commonslibrary.parliament.uk. Une hypothèse discutée serait une administration intérimaire par des pays arabes ou un comité international. Par exemple, l’Arabie saoudite, l’Égypte et d’autres pourraient parrainer une gouvernance temporaire de Gaza pour coordonner la reconstruction | source : commonslibrary.parliament.uk. Mais tout cela dépendra d’accords diplomatiques complexes. Si le vide perdure, Gaza pourrait sombrer dans l’anomie : milices armées rivales, chef de guerre local… Le Hamas, même défait militairement, conserve probablement une assise idéologique chez une partie de la population de Gaza (il se présentera comme le mouvement qui a osé frapper Israël, au prix du martyre). À long terme, on ne peut exclure qu’il se recompose dans la clandestinité ou sous une forme politique. L’Autorité palestinienne cherchera sans doute à reprendre pied à Gaza avec l’appui international, mais sa crédibilité auprès des Gazaouis est faible : beaucoup la voient comme inefficace ou compromise par sa coordination sécuritaire avec Israël. Sur le plan humain, la traumatisation collective à Gaza marquera des générations. La moitié des habitants de Gaza ont moins de 18 ans et beaucoup ont vécu l’enfer des bombes. Sans perspective politique, cela pourrait nourrir une radicalisation accrue : les jeunes, n’ayant connu que le blocus et la guerre, pourraient être tentés par les idéologies les plus extrêmes par désespoir.
En Cisjordanie, l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas sort considérablement affaiblie. Elle apparaît comme incapable d’avoir protégé ou aidé Gaza, et en Cisjordanie même elle a perdu le contrôle de certaines zones au profit de groupes armés locaux (des « bandes » de jeunes combattants affiliés pour certains au Jihad islamique ou même à des factions du Fatah mais échappant au contrôle d’Abbas). Le risque est grand de voir l’Autorité palestinienne s’effondrer si aucune perspective politique ne vient ranimer l’espoir populaire. Abbas, âgé et impopulaire, pourrait être balayé par un soulèvement populaire ou par une prise de pouvoir de factions concurrentes. Un scénario pessimiste serait une « somalisation » de la Cisjordanie : multiplication des points de friction violents, ingouvernabilité, ce qui servirait de prétexte aux ultranationalistes israéliens pour pousser à l’annexion de facto de plus de territoires (voire une annexion légale si l’Autorité disparaît). En revanche, un scénario plus optimiste pourrait émerger si la communauté internationale, ébranlée par la catastrophe de Gaza, décidait enfin de faire pression pour un accord politique. Par exemple, la promesse évoquée par la France de reconnaître l’État de Palestine pourrait être couplée à une conférence de paix relançant l’idée de deux États | source : commonslibrary.parliament.uk. Mais étant donné l’actuel gouvernement israélien farouchement opposé à l’État palestinien, une percée diplomatique semble peu probable à court terme.
Sur le plan de la sécurité palestinienne, la guerre a prouvé tragiquement qu’aucun Palestinien, à Gaza surtout, n’était à l’abri. À long terme, la quête de sécurité pour le peuple palestinien passe par un arrangement politique garantissant leurs droits. Faute de quoi, ils resteront exposés aux violences cycliques. L’une des conséquences de cette guerre pourrait être la montée d’un discours plus radical parmi les Palestiniens et dans le monde arabe, posant que seule la lutte armée paie, puisque la diplomatie n’a rien donné depuis Oslo. Cela pourrait renforcer des groupes comme le Hamas ou le Jihad dans la jeunesse palestinienne, même en Cisjordanie. À l’inverse, d’autres Palestiniens, épuisés par la guerre, pourraient aspirer à une solution négociée si elle paraît crédible. Beaucoup dépendra de l’attitude de la communauté internationale et d’Israël après la guerre.
En termes d’image diplomatique, les Palestiniens ont certes gagné en sympathie globale du fait de la souffrance de Gaza. L’opinion mondiale a été massivement émue par les images de destruction et de deuil à Gaza. Cela pourrait se traduire par une pression internationale accrue pour accorder enfin aux Palestiniens un horizon politique (par exemple via une conférence internationale, ou en donnant plus de poids à la Palestine à l’ONU). Déjà, la Palestine (État observateur non-membre de l’ONU) pourrait recevoir plus de reconnaissances officielles. Toutefois, la cause palestinienne est aussi entachée, aux yeux de certains, par l’horreur du massacre du 7 octobre 2023 commis par le Hamas. Dans les pays occidentaux, ce traumatisme a ravivé la peur du terrorisme et freiné une partie des soutiens potentiels à la Palestine. Ainsi, l’image des Palestiniens oscille entre celle de victimes d’une oppression (Gaza pilonnée) et celle, minoritaire mais exploitée par la propagande pro-israélienne, de « complices du terrorisme du Hamas ». L’un des défis pour le camp palestinien modéré sera de convaincre la communauté internationale de dissocier la cause nationale légitime des Palestiniens des actes du Hamas. Cela nécessiterait un renouvellement du leadership palestinien avec des figures crédibles et non violentes, ce qui pour l’instant n’est pas visible.
En termes de viabilité politique, la grande question reste la fameuse solution à deux États. Est-elle morte ou peut-elle être ressuscitée ? Les faits sur le terrain (colonisation intense, morcellement de la Cisjordanie, radicalisation des deux sociétés) semblent rendre un État palestinien indépendant de moins en moins réalisable dans les frontières de 1967. Certains analystes prédisent une évolution vers un État unique englobant Israël et les territoires, mais où la bataille pour l’égalité des droits deviendrait alors centrale (avec le risque d’un système d’apartheid si les Palestiniens n’obtiennent pas les mêmes droits). D’autres évoquent des configurations intermédiaires : par exemple, Gaza pourrait à terme devenir une sorte d’émirat séparé sous influence régionale (Égypte, Qatar), tandis que la Cisjordanie serait partiellement annexée par Israël et partiellement autonomisée sous forme d’entités cantonales. Ces scénarios, toutefois, ne répondent pas aux aspirations nationales palestiniennes et seraient sources de conflits incessants. La seule perspective stable à long terme serait un accord négocié garantissant aux Palestiniens un véritable État viable et aux Israéliens de véritables garanties de sécurité. Malheureusement, après cette guerre atroce, la méfiance est maximale et les partisans de la paix sont plus marginaux que jamais.
Néanmoins, l’histoire a montré que de grandes percées pouvaient émerger après des chocs : la guerre du Kippour en 1973 a conduit aux accords de Camp David et à la paix israélo-égyptienne, par exemple. Peut-être que l’ampleur de la tragédie à Gaza et le coût moral pour Israël finiront par provoquer un sursaut international et israélien pour éviter de revivre une telle horreur. À long terme, Israël devra aussi réfléchir à sa stratégie globale : peut-il indéfiniment vivre « sur son épée », en état de guerre permanent contre ses voisins palestiniens ? La stabilité et la prospérité d’Israël à horizon de plusieurs décennies pourraient être mieux garanties par une paix sincère avec un État palestinien que par la domination militaire perpétuelle, qui risque d’attiser sans fin de nouvelles générations de combattants palestiniens. De même, les Palestiniens devront évaluer les résultats de la voie armée : le « succès » initial du Hamas a entraîné une catastrophe humanitaire pour Gaza. Peut-être qu’une nouvelle génération palestinienne explorera d’autres formes de lutte (diplomatiques, non violentes, internationales) pour réaliser ses droits, évitant de donner des prétextes à des représailles aussi dévastatrices.
En conclusion, au 9 juin 2025, le conflit israélo-palestinien entre dans une phase décisive mais incertaine. Israël sort militairement victorieux sur le terrain de Gaza, mais moralement fragilisé et diplomatiquement isolé dans bien des forums, avec des défis sécuritaires renouvelés et un débat interne à venir sur ses choix stratégiques. Le peuple palestinien, lui, paie le prix fort de cette guerre et voit son horizon politique s’assombrir, entre un leadership divisé et un territoire ravagé – mais bénéficie d’une vague de sympathie internationale qui pourrait, si elle est entretenue, forcer certains changements. Les enjeux géopolitiques dépassent le cadre local, impliquant grands acteurs et idéologies, et font de ce conflit plus qu’un différend territorial : un véritable baromètre des valeurs et de l’ordre international. La suite dépendra de la capacité des acteurs à tirer les leçons de ces mois tragiques. Seront-ils capables de rompre le cycle de la vengeance et de la peur pour revenir à la table des négociations ? Ou bien le conflit entrera-t-il dans un nouveau cycle de violences après une courte accalmie ? L’histoire n’est pas écrite. Mais une chose est sûre : Israéliens et Palestiniens demeureront voisins sur cette terre, et leur avenir à long terme – en termes de sécurité, d’économie et de stabilité – reste inextricablement lié. Plus que jamais, les événements de 2023-2025 soulignent l’urgence d’une solution politique durable, faute de quoi les générations futures hériteront d’un conflit sans fin, avec des conséquences humanitaires et morales de plus en plus lourdes. Les prochains mois verront si les leçons de ce conflit auront été entendues, ou si, au contraire, la spirale tragique se poursuivra.
Sources : ONU, Agence France-Presse, Reuters, Al Jazeera, House of Commons Library (UK), Wikipédia, etc. Citations et données chiffrées issues des sources connectées. aljazeera.com aljazeera.com commonslibrary.parliament.uk aljazeera.com